J'ai l'immense privilège d'être né un peu folle dans une famille de fou. Je ne joue pas avec les mots. Plusieurs membres de ma famille, dont moi, souffrons à divers degré de maladie mentale. L'éventail est assez immense de la vulgaire dépression à la bipolarité. Comme je l'ai déjà écrit ici, je préfère dire que je suis folle que d'énumérer le chapelet de ma condition mentale. Cela fait sourire. Et il a des journées où on prends tous les sourires que l'on peut.
Dans ma famille, on est peut-être fou mais on se soigne. Nous sommes chanceux de vivre dans une époque où l'on peut facilement contrôler divers problèmes mentaux avec un peu de thérapie et de la médication. Après tout ce n'est que la chimie de notre cerveau qui est débalancée comme celle du pancréas d'un diabétique.
Les médicaments peuvent aider à rendre la vie plus facile. Je suis une personne très à fleur de peau. Des fois, j'ai l'impression qu'il me manque une couche de protection. Selon le moment, la vie autour de moi peut devenir impossible. Tout m'agresse et je fige. Avec les médicaments, je fige toujours mais après une bonne respiration la vie reprend son cours. Les médicaments agissent comme rempart avec les aigus de la vie. Ils ont des effets secondaires. La couche chimique de protection peut donner un gain de poids important, des étourdissements, des problèmes de digestion et euh, une difficulté à atteindre l'orgasme...
Après un certain temps, il arrive que les médicaments ne peuvent plus nous aider. Avec anxiété l'on doit changer. Je suis présentement à la 10e journée d'un sevrage graduel de mes médicaments. Hier, comme une toxicomane en détox, j'avais la chiasse et la tremblotte. Aujourd'hui c'est mieux. Par contre, mon corps est hyper sensible à tous stimulis. Et je veux dire très sensible... Comme une petite fille qui découvre son corps. C'est weirdement agréable.
Je dois être 14 jours sans médicaments avant de commencer un nouveau traitement. Je vous en donne des nouvelles.
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